Biréli Lagène
Déclaré héritier de Django Reinhardt, de la bouche même de son fils Babik, l’histoire de Birèli commence en 1966 en Alsace, le jeune manouche naît dans une famille de musiciens et est initié très tôt à la guitare par son père, puis c’est son frère qui prendra le relais. Biréli surprend déjà par sa dextérité et par ses interprétations quasi-naturelles des thèmes du jazz manouche.La musique de ce même Django sera à cette époque sa véritable école. Inlassablement, il déchiffre les chorus du maître à l’oreille, encore et encore jusqu'à les rejouer à la perfection. Il dira avoir compris à cette période que le respect de l’artiste ne passe nullement par son imitation mais par l’inspiration que peut procurer la musique de ce dernier, « Django m’a aidé à aller voir ailleurs ». Ses premiers albums prendront la forme d’une relecture libre du répertoire du guitariste à deux doigts. Une idée de liberté que n’abandonnera jamais Lagrène. S’il se revendique fils spirituel de Django, Birèli aura également été marqué par le génie des guitares de Wes Montgomery et de Benson. Son émancipation musicale viendra d’autres horizons, d’un bulletin météo nommé Shorter et Zawinul, mais surtout de la basse solaire d’un certain Jaco Pastorius. Biréli se prend en effet d’amour pour la fusion, après avoir roulé sa bosse auprès de partenaires de l’acabit de Stéphane Grappelli, Al di Meola ou Larry Coryell. Mc Laughlin dira de lui à cette période qu’il est un « phénomène de la guitare ». Le prodigieux autodidacte apprendra dans la foulée la basse sous l’influence de Jaco, et se forgera un style de guitare propre durant cette longue période de recherche. Il joue dès lors avec les plus grands, Paco de Lucia, Mike Stern, Stanley Clarke pour ne citer que ceux-là, il se voit même proposer de remplacer Eric Clapton en vue d’une reformation de Cream. Un monstre de la guitare manouche et de la guitare mondiale, qui depuis quelques années revient à ses origines pour laisser un manifeste sur la musique manouche, une musique « d’homme libre », le « gipsy project ».
Mehdi El Kindi
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